la grande evasion

  • Vous allez être tous embarqués!

    Cette fin de Juin est radieuse, la nature est parée de ses plus beaux atours, les cerises sont mûres et les prisonniers rêvent d'évasion.
    Le moment propice est annoncé par Pierrot Santoni qui, mandaté par François Giacobbi vient prévenir le sénateur d'avoir à se tenir prêt pour une évasion.

    Un plan est aussitôt établi dans la maison de Martin Gambotti à Mezzanuru où s'était réunis, Paul Giacobbi, Maître Luciani, T. Micaelli et le Dr. Achilli.

    Ce plan ne pourra être mis à exécution car le lendemain, tandis que les détenus discutent devant le bar de Marius Valentini, Noël Martinetti, manifestement ému, se dirige vers eux et leur dit à mi-voix :

    - Vous allez être tous embarqués. Je viens de surprendre une communication qui ne laisse aucun doute sur les ordres que viennent de recevoir les chemises noires.

    Et Noël de raconter.

    Vers dix-huit heures trente, Giacobbi interpelle Ange Casamatta qui rentre d'Albitroni.

    - Nous avons surpris une conversation qui nous laisse entendre qu'un camion doit nous emmener cette nuit.

    - Quittez donc le village pour la nuit et ne revenez à l'appel demain que si rien s'est passé.

    A l'étroit dans un grenier


    Cette solution est écartée. Ange leur propose alors de les cacher, pour la nuit, chez lui. Giacobbi, Macchini, Bariani, Poli et le Docteur Piana acceptent. Le Commandant Silvani préfère se cacher chez Melle Pietri.

    Les cinq hommes sont mal à l'aise dans l'étroit grenier d'Ange, la nourriture est difficile à trouver et Casamatta est surveillé, aussi trente-six heures après sont-ils transférés à côté chez Toussaint et Marius Valentini, où l'on met au point leur évasion avec Etienne Dominici.

    La cigarette - signal , fuite et dispersion

    Deux patrouilles font le tour du village en sens inverse. Pour trouver le moment propice, il faut, d'un côté occuper une patrouille au virage de Casacce, c'est ce que font les épouses respectives de Toussaint Valentini et d'Ange Casamatta, et de l'autre signaler l'arrivée de la seconde patrouille; c'est ce que font Noël Martinetti, Thomas Dominici et Marien Taffarelli en signalant sa position avec des cigarettes et des allumettes enflammées.

    Un hiatus de quelques minutes permet la fuite. Les évadés sont accompagnés par Etienne Dominici, Argéu et Jean-Baptiste Casamatta et à Bittulu où les rejoint Ange Casamatta et où, comme convenu, les attend le père d'Etienne Dominici avec un mulet pour Giacobbi qui est mal à l'aise pour se déplacer la nuit. A Petrapola, Bartoli dit « Brandinu  » armé se joint au convoi qui par Ania atteint Chisa avant l'aube.

    Ils passent plusieurs jours chez le Capitaine Giudicelli puis se séparent.

    Bariani retourne chez lui en Balagne après avoir été abrité par le Docteur Achilli puis guidé par Françoise Alessandrini et Etienne Dominici jusqu'à Murtuli. Macchini, Piana et Poli se réfugient à Cavorsu où leur ravitaillement n'est pas facile malgré le concours de tous. Bitty Dominici avec son mulet et Jojo font partie des transporteurs de ravitaillement. Ils ne sont pas les seuls. D'ailleurs le séjour à Cavorsu est rapidement interrompu car un beau jour les italiens arrivent en force, sur une dénonciation. Mais Caroline Dominici a donné l'alarme à temps et les évadés sont cachés par Bastien Vittori, d'abord en haute montagne à Vonarpia, puis à Murtuli.

    Macchini déprimé par son état de santé est ramené à Prunelli par Françoise Alessandrini et le gendarme Brault et caché dans la maison Lungari où le docteur Achilli peut le soigner.

    Le Commandant Silvani qui, comme nous l'avons vu, a préféré se cacher dans le grenier de Melle Pietri Faustine, va s'évader habillé en femme. C'est en effet dans cette tenue, qu'il avait fini par accepter, que Françoise Alessandrini le conduit chez son père, et par la cuisine dans le jardin. Là Jean-Baptiste Casamatta et Jojo Jouan Pieri armés du 7.65 prêté par T.Micaelli, ( Par la suite il était armé du 8mm à barillet de Dominique Alesandrini ) le prennent dans les bras pour lui faire franchir le mur et le conduisent à la fontaine de Valdu où Argéu Gambotti et son fils Nicolas le prend en charge jusqu'à Puzzichellu. Les évasions provoquent des réactions violentes, des fouilles et interrogatoires. Dans la nuit du 28 au 29 ils fouillent plusieurs maisons. Chez le receveur qu'ils réveillent, ils demandent :

    - Dov'è il vostro nipote ? Dove dorme ? (Ou est votre neveu? Ou dort-il?)
    - Je ne sais pas.
    - Ci sono due chiave ? (Y-at-il deux clés?)
    - Non.
    - Fara una cattiva fine !
    (Vous ferez une vilaine fin!)

    Les prisonniers restants, sauf quatre qui avaient été libérés avant l'évasion, seront déportés en Italie au début d'Août.
  • (Extraits du livre du Dr Pieri: 1943 Prunelli camp d'internement)
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    Sur la demande du Général Magli, le Préfet a signé, pour le Sénateur Giacobbi arrêté à Venaco le 4 février, et pour les 27 autres personnes, un décret d’internement à Prunelli di Fiumorbo. Paul Giaccobbi put s’en évader le 31 Mai suivant ; le mois suivant les internés de Prunelli étaient déportés à l’île d’Elbe; Paul Giacobbi, fut l'hôte d'Angèle Joséphine Valentini Pierrot Santoni arrêté dès le début de l'occupation, parce qu'il tenait des propos agressifs contre l'occupant; a été fait prisonnier; il fut conseiller municipal dans l'équipe du Dr PieriDominique Vecchini  écrivain et poète, ancien bibliothécaire de la ville de Bastia interné sur télégramme de Laval Toussaint Micaelli  -Prévenez Toussaint Micaelli du transfert à Prunelli de Paul Giacobbi et de plusieurs patriotes détenus à Marbeuf, dit le Dr Achilli,  à Clémence Corteggiani Etienne Dominicii responsable de la résistance dans le FiumorbuVincent Dominici bras droit de son frère Etienne;  il était  chargé de l'écoute des messages à Agnatello