CORRESPONDANCE ET TRANSPORT DES LETTRES
AVANT L'ECRITURE: les ancêtres des courriers
En Mésopotamie on portait la comptabilité (petits objets en terre cuite) dans une "bulle-enveloppe"scellée. Une bulle de ce type, trouvée à Suse et datée de 3300 ans avant notre ère, montre, sur le sceau qui lui avait été appliqué, un personnage penché sur l'épaule d'un des deux ouvriers au travail. Ce personnage était probablement chargé de vérifier la comptabilité et d'accompagner les envois pour en préciser le contenu au destinataire. De tels commissionnaires sont les ancêtres des courriers porteurs de lettres écrites sur des plaquettes d'argile. (in catalogue -Expo-musées nationaux de 1982 , sur l'Ecriture.)
Civilisations Mésopotamienne et Egyptienne
Avant l'invention de l'écriture, il y à de cela 5000 ans, les hommes des civilisations antérieures communiquaient uniquement par le langage, les gestes et différents objets naturels ou modifiés (plumes, cordelettes à nœuds, bâtons à entailles, calculi). Les peintures rupestres sont plutôt un art qu'une écriture primitive. Poètes et conteurs transmettaient tradition, légendes et messages...
La recherche d'un moyen de mémoriser les mouvements des biens, la comptabilité, a conduit à l'écriture. Inventée à Sumer, il y à 5000 ans, la première écriture était cunéiforme. Les mésopotamiens parlaient une langue, non sémitique, le Sumérien, et une langue sémitique: l'Akkadien.
L'écriture suméro-akkadienne a diffusé dans l'ancien monde oriental; elle est devenue, au deuxième millénaire, l'écriture diplomatique internationale. Voici à titre d'exemple des tablettes d'argile traduites, exposées et publiées en 1982 aux Galeries Nationales du Grand Palais sur le thème : naissance de l'écriture.
Les archives diplomatiques découvertes à Tell-el-Amarna, capitale du pharaon Akhnaton (1364-1347), rédigées en akkadien (mêlé de formules cananéennes ancêtre du phénicien) comprennent 65 lettres de Rib-Addi, prince de Byblos, au roi d'Egypte. Ce ne sont que des demandes réitérées à Akhnaton pour qu'il envoie des troupes pour régler les conflits des princes de la cote syro-palestinienne dont le pharaon était le suzerain...
Correspondance diplomatique internationale, en akkadien, du pharaon Akhnaton-Amenophis IV à un chef palestinien. Tablette argile d'El Amarna du XV° siècle av. J.-C.
" A Intaruda, prince d'Achshaph dis ceci : Ainsi parle le roi : vois cette tablette que je t'ai envoyée pour te dire : sois sur tes gardes...
Vois, le roi t'envoie Hanni, fils de Mairia, le messager du roi pour le pays de Canaan. Ce qu'il te dis écoute-le afin que le roi ne te trouve pas en faute...vois, il viendra vers toi vite ...et il tranchera la tête des ennemis du roi. Sache que le roi se porte comme le soleil qui est dans les cieux et que ses troupes et ses chars nombreux sont en très bon état. "
Les araméens, famille de sémites apparus du coté de la Palestine à la fin du II° millénaire, disposaient d'une langue alphabétique. L'alphabet araméen est à la base de tous les alphabets du monde .(sauf bien sûr l'écriture idéographique chinoise)
Les voyelles absentes des langues sémitiques ont été inventées par les Grecs au VIII°-VII° siècle avant notre ère.
"Signes Sacrés ! "dirent les grecs d'Alexandre le Grand, en admirant les inscriptions gravées sur les parois des temples égyptiens : les hyéroglyphes.
L'écriture hiératique (écriture hyéroglyphique simplifiée) et l'écriture démotique (parue vers 700 av. J.-C.) rendaient l'écriture des lettres plus facile.
Lettres, courriers et postiers en Mésopotamie
Le plus grand nombre de lettres vient des archives de Hammurabi et de Mari. Les fouilles du palais de Mari ont livré plus de 20 000 tablettes et plusieurs milliers de lettres administratives, diplomatiques, privées et même des suppliques aux dieux.
Les scribes rédigeaient selon certains principes concernant l'emploi des mots et la suite des phrases. La formule la plus courante des lettres administratives était celle de l'ordre; Ordre impératif donné au messager, de réciter le contenu de la tablette au destinataire, nommé à l'en-tête de la lettre.
Les lettres commencent toujours de la même façon: " A mon seigneur, dis ceci, ainsi parle N... ton serviteur" Cette formule évolua vers : "Voici ce que dis un tel..." ou bien : "Dis à un tel..." à la période Kassite (deuxième moitié du II° millénaire); puis le très simple et laconique début: "Lettre d'un tel..." à la période néo-babylonienne(VII°siècle av.J.-C).
Extrait d'une lettre de Hammurabi à un fonctionnaire (tablette d'argile 8,7 x 5,6 cm,
Epoque paléo-babylonienne -début XVIII° av. J.-C.
"A Shamash-Hazir dis ceci, ainsi parle Hammurabi : Nannatum m'a parlé en ces termes: " Dans mon champ à loyer une très grande partie de la terre n'a pas été arrosée." ...
Il lui demande d'aller inspecter les terres du palais, de faire donner un champ arrosé à Nannatum en échange d'un champ non arrosé. La lettre se termine ainsi : Si un champ arrosé tu ne donnes pas à Nannatum le déficit de son loyer sur toi sera placé."
Il s'agit là d'une des quatre-vingts lettres adressées à l'administrateur du domaine royal. Administration et justice dépendaient en dernier recours du souverain......
selon diférents extraits d'une conférence donnée par le
Dr Pieri©
|