Le ziglione exposé à Prunelli au musée Mnemosina"est composé d'un cadre en bois de châtaignier sur 4 pieds . Des ardoises (Teghje) tapissent le fond et sont disposées de chant sur les 4 côtés. Remplis de "terra rossa" pétrie (avec ou sans poil de chèvres), ou cuite. Placé au milieu de la pièce en "opera morta" afin d'éviter les incendies. La couche d'argile empêchait le feu de brûler le plancher... et la maison!
Bien plus qu'un point de feu, "A ziglia" est un centre de vie, autour duquel s'articule la famille corse, dont les principaux acteurs sont le patriarche (u babbô) et la grand-mère (a mammô). Sur le foyer, cuisent en permanence, les ragoûts de haricots (infasgiulate) et les soupes au lard; grillent et rôtissent les merles ou les côtes de porc, sous l'oeil expert d'une femme discrète, dont la noble tâche est de nourrir les siens. Au dessus de la Ziglia , sur le plafond à claie (a grate), sèchent les châtaignes. Autour de ce foyer, le patriarche trône... fut-ce sur un billot de bois. Il est investi d'une double tâche: pourvoir aux besoins de sa grande famille, et transmettre son expérience. Non pas un savoir livresque, mais le "savoir-faire", le "savoir-vivre" et le "savoir mourir". Il impose les coutumes, explique les comportements des hommes et des bêtes, initie aux secrets des plantes et voue un profond respect aux "esprits", "lagramanti", "murtaghioli" et "mazzeri". A la veillée (a veghia), quand le cercle s'élargit aux amis (cumpari et cummare), il raconte ou écoute les histoires vraies ou inventées (stalbatoghie): les favorites, sont celles de Sabatinu et son "erbatabacca" ou le "mystères des tripes de zia Margherita, préparées avec talent pour les cousins venus de loin.
DP |
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