par Daria


Il est bon de rappeler les cinq événements importants, qui marquèrent les 600 ans, précédant la naissance de Jésus.

La fondation, en 565, du premier comptoir phocéen d'Alalia, où se réfugient les exilés de Phocée.
La coalition Etrusques-Carthaginois qui tente de les chasser. (Bataille navale d'Alalia en 540).
L'installation des syracusains en Corse (453). (Porto syracusanu).
L'occupation carthaginoise de la Corse (289)
L'occupation d'Aléria en 261 par les romains, en guerre contre Carthage, et soumission définitive de la Corse après dix expéditions dans l'île.

La Pax Romana
Les deux premiers siècles sont marqués par ce qui fut appelé la pax romana, période de prospérité et de bonne gestion :
La monnaie est abondante et saine
Les industries se développent (poterie, fer)
La poste impériale se perfectionne et les relations commerciales avec Rome sont florissantes
La société connaît une ascension sociale, les écoles se multiplient.
Les grands écrivains, Plutarque, Tacite, Pline et Juvénal décrivent la vie culturelle de cette époque :
Juvénal a écrit «Maintenant, le monde entier bénéficie de la culture attique, à la fois grecque et romaine».

Le début de notre ère
Quelques objets et matériel trouvés lors des fouilles sont exposés dans les vitrines du Musée. Ils nous aident à imaginer ce qu'était la vie des hommes et des femmes vivant en Corse au début de notre ère.

La vie des... vivants
Les objets de toilette

Une épingle à cheveux en os, avant tout en os de poisson
Les cheveux des femmes faisaient l'objet de soins quotidiens. Des impératrices ou matrones, telle Livie épouse d'Auguste, mère de Tibère, qui fut conseillère depuis 38 av J.C., portaient les cheveux en bandeaux ondulés, chignon serré sur la nuque, une large mèche relevée sur le front en bouffant, le nodus
Les mèches étaient séparées grâce aux épingles, puis tressées ou bouclées. Le style du chignon dans la nuque dépendait de la nature et de la longueur des mèches ou des tresses.

Un baume conservé dans des balsamaires , servait à lisser les cheveux.
Le cure-ongles en bronze nous dit le soin porté aux mains et aux ongles.
Juvénal nous apprend, ce qui n'est pas pour nous étonner, que le luxe côtoie la misère.
L'hygiène du corps est obtenue avec des cendres en guise de savon ou les macérations des plantes (saponaire) voire l'huile d'olive et les bains chauds comme ceux des thermes de Pietrapola.
Les Fards, sont des crèmes et des onguents à base de fruits, plantes ou fleurs macérées dans un liquide acqueux ou huileux.

L'habillement
La fabrication des tissus, leur teinture et assemblage font appel à différents objets de couture comme eux présentés ici : à savoir
l'alène, l'aiguille et la bobine.
Elles sont toutes trois en os.
L'alène sert à percer les trous dans les peaux, les fourrures et les tissus
L'aiguille est utilisée pour enfiler les fils de lin, laine, chanvre ou poils. Les fils les plus fins étaient enroulés sur des bobines en os très bien conçues.
Les instruments de tissage étaient : la quenouille, les fusaioles en terre cuite, le peson de tissage en plomb .
Les fils tissés comprenaient d'une part les fibres végétales comme le lin, le chanvre et les tiges de ronces (rustuli) et d'autre part les fils d'origine animale (poils de chèvre, laine, crin, tendons et la soie, peut-être
On cardait les étoffes avec des chardons (cardi)
Une fois lavées les étoffes étaient étirées et tendues sur l'herbe pour les blanchir. Le soufre brûlé sous les linges tendus sur des tiges, leur donnait une blancheur éclatante.
La teinture des tissus, valable d'ailleurs aussi pour le bois et les tableaux, était fabriquée grâce aux couleurs vives des végétaux (chjarabé) et d'animaux (cardium, murex). Le moût du raisin séché et calciné produisait le violet. Le noir tiré de la lie de vin était surtout utilisé pour l'écriture. Le noir que donnait la fumée de la résine (deda) était le plus beau. Le blanc de céruse (cerussa) était obtenu à partir du plomb et du vinaigre.
Les chaussures avant tout des sandales à lanières de cuir ou de corde torsadée avec des semelles de liège, mais aussi des cothurnes, c'est à dire des chaussures montantes à semelles très épaisses. La femme avait la noble tâche de fabriquer les vêtements et les chaussures.
La fibule de bronze sert à agrafer les tissus non coupés qui se drapaient à la taille et à l'épaule.
La toge ou stola de lin ou de laine et la tunique étaient l'habit commun aux hommes femmes et enfants.
L'éventail, venu d'Alexandrie, en plumes de paon pour les riches et les hommes dignes d'honneurs (honestiores), de branches de myrte ou d'acacia ou feuilles de vigne pour les gens modestes.

L'habitat luxueux des premiers contrastait avec la modestie de la demeure des autres, qui vivaient dans une seule pièce, chauffée par un foyer, une ziglia ou un fucone 
La clef de bronze présentée au musée, était celle d'un coffret à bijoux ou argent du début de notre ère.
Les cuillères en os ou bronze témoignent d'un certain niveau de vie.

Ustensiles pour l'eau, le vin et le lait : cruches, carafe, bouteille, verre ovoïde, gobelets
Bols ou assiettes rouges
Lampes à huile pour s'éclairer.
On se nourrit de lait, de miel, de viande, de poisson (mulet) (mazzardu) et de coquillages (Huîtres, moules, oursins)
Une huître de l'étang d'Urbinu appelée pied de cheval dont la valve supérieure a été perforée.
Pourquoi cette perforation ? Nous connaissons au moins trois versions :
L'une affirme que le poinçon était celui du vendeur, et différait selon l'origine, rond ou carré.
La seconde, à vérifier, que les coquilles servaient comme élément de décor et devaient être réunies en un collier par exemple, par des fils.
La dernière atteste que les romains poinçonnaient la coquille pour ouvrir l'huître.
La chair aromatisée, était soit consommée sur place, soit expédiée en Terre ferme (Italie) dans des jarres ou des amphores. Elles étaient cuisinées avec du miel et des arômes, fenouil par exemple.
(découverte à Aléria d'un amas impressionnant de valves, venant d'un établissement industriel de salaisons de crustacés, coquillages et poissons).


Juvénal (60-130) dans ses Satires, nous apprend l'amour des romains pour les mulets de Diane. Il nous donne la recette pour les blanchir, c'est-à-dire leur enlever le goût de vase.
«ils les mettaient dans de l'eau douce et ajoutaient des petites anguilles qui pénétrant à travers les ouïes, suçaient le liquide vital, débarrassant ainsi la chair de son goût de vase ». Ce mulet s'appelle en corse cannuchiale.
Les fêtes
Les mariages, les moissons, les vendanges, la tonte des moutons étaient des occasions de joie et de festivités, au cours desquelles se déroulaient des compétitions de luttes, de courses, de jeux à base de palets, d'osselets, de dés.
Les deux dés, i dadi présentés par Mnemosina, viennent de la tombe d'un garçonnet, située à l'intérieur de l'église de la pievanie de la Cursa 
Ils sont datés du IIème siècle de notre ère.
Les dés à jouer étaient déjà utilisés à cette époque.
Le décor d'un vase du VI ème siècle montre Achille jouant aux dés avec Ajax.
Au nombre des supports de divination (mantea) il y a certes les osselets, les fèves et les cristaux, mais aussi les dés (cléromancie).
Les magiciens, Augures et Devins prétendaient deviner l'avenir en interrogeant les Dieux ou en interprétant leurs signes contenus, par exemple, dans les rêves, le vol des oiseaux ou la disposition des nombres présentés par les dés jetés sur la table.
à suivre...

 

Daria

 

La Corse au début de notre ère
balsamaires lampes à huile fucone

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