Le privilège du père de famille et le droit d'aînesse

"Est-ce donc en fin de compte un individualisme forcené qui est au fond de l'àme corse? Assurément non, car l'individu en réalité n'est rien : si l'homme sent en lui un si grand orgueil, ce n'est pas en tant qu'indi­vidu pris à part, mais en tant que chef de famille. Entre l'individu et l'État, voilà le groupement essentiel : c'est la famille qui est l'unité sociale, - la famille représentée par son chef, qui a tout pouvoir d'agir en son nom. Le père de famille, entendu à la façon antique, est le protecteur et le soutien; il a l'honneur suprême qui est de porter les armes et de venger toutes les offenses subies par quelqu'un des siens. Dans une pareille conception, la femme ne saurait être l'égale de l'hommes, elle est la gardienne du foyer et l'éducatrice des enfants, elle ne saurait s'asseoir à table à côté de son seigneur et maître dont elle a préparé le repas et c'est tout au plus si, à l'heure du café, elle prend place pour écouter les discussions et y prendre une modeste part. Quand le père disparaît, c'est le fils aîné qui devient le chef parce qu'il faut un homme pour diriger le groupement et la mère s'inclinera devant les ordres de son enfant. L'aîné devient arbitre souverain en matière d'héritage et il arrive difficilement à comprendre qu'il doit présider à un partage égal de la succession avec ses frères et soeurs. Étant l'aîné, il estime avoir droit à une part privilégiée sinon à la totalité. Et il suffit à son sens du devoir de ne pas se dérober quand il s'agira de défendre envers et contre tous une famille avec laquelle il s'est en somme identifié."

C'était ainsi, rassurez-vous mesdames ces temps sont révolus et bien révolus!

 

Le costume les fibres

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